Associations, entreprises, pouvoirs publics… Le territoire à l’heure de la Covid-19

Un an après l’arrivée de la Covid-19 en France, associations, entreprises et pouvoirs publics ont adapté leur activité afin de continuer à fonctionner malgré la crise sanitaire. Achat d’équipements, mise en place des protocoles, évolution de leur service, ces acteurs locaux témoignent de leur capacité à inventer des solutions dans un contexte incertain.

Lancer son affaire en pandémie, voilà le pari un peu fou auquel s’est attelé Emmanuel « Manu » avec Terre et mer, son restaurant situé à Bazouges-la-Pérouse. Ces dix dernières années, ce chef au crâne rasé et au tablier noir a écumé les quatre coins du monde pour se constituer une solide expérience de cuisinier. « Dans les sept pays que j’ai visités, j’ai été saucier, aboyeur, chef, communard… Le pays qui m’a le plus marqué ? Les États-Unis » !

Aujourd’hui accompagné de sa femme Afef et de sa sœur Alexandra, Manu propose tous les midis un menu entrée-plat-dessert-boisson à emporter et à prix tenu. En cuisine ou au comptoir, la bonne humeur est palpable. Et ça marche ! L’affaire familiale bazougeaise tourne à plein régime grâce à ses clients réguliers, dont le nombre grimpe en fin de semaine. « Ça peut atteindre cent repas le samedi, pour les plats conviviaux type paëllas ou couscous » annonce-t-il.

Un succès qui se heurte aux réalités de la crise économique. « Outre le coût des travaux avec la pose de la cuisine, de la terrasse, des plafonds et de la décoration, les barquettes et le gel hydroalcoolique nous coûtent cher au quotidien », témoigne-t-il. Une rambarde et un parcours avec entrée et sortie ont été pensés pour les fortes affluences du samedi. « Dans l’ensemble, on ne se plaint pas. Les ventes nous permettent de payer une bonne partie des charges et des cotisations ». Une attitude volontaire, même si « il y a forcément un manque à gagner comparé à un service à table, où les clients discutent en consommant un apéritif ou une bouteille de vin ».

Autre son de cloche du côté de l’école primaire Jules Verne de Saint-Étienne-en-Coglès (Maen Roch), où madame Lodé joue les équilibristes depuis de longs mois afin de créer un environnement « le moins contraignant et le moins anxiogène possible » pour les six classes de l’établissement.

Dès septembre, la directrice a eu le nez creux en interdisant l’entrée des parents dans l’école ainsi que le mélange des groupes dans les classes. « Ces simples préconisations de rentrée sont devenues des obligations en novembre », précise-t-elle. Aujourd’hui, les entrées des enfants se font par deux entrées et à dix minutes d’intervalle. « Les attroupements sont ainsi évités et la dépose des enfants fluidifiée ». Le même décalage a lieu lors des récréations, avec des espaces délimités par des barrières. Quant au non-brassage dans les classes, il a été étendu sur les temps de garderie et de restauration scolaire. Pour finir, le masque a été imposé aux classes allant du CP au CM2. « Les petits le vivent plutôt bien, et puis je dois avouer que cela nous a évité les traditionnelles épidémies de gastro » s’amuse la directrice.

Une maigre consolation lorsqu’il s’agit de tirer des enseignements sur cette période. « L’adaptation perpétuelle exigée par cette crise sanitaire, c’est autant d’attention en moins sur de vrais enjeux d’instruction ». À titre d’exemple, « les classes étaient auparavant décloisonnées pour les cours de langue. Hélas, le non-brassage empêche dorénavant de mélanger les groupes. Dommage, car cette approche pédagogique avait de vrais avantages » soupire madame Lodé. En attendant des jours meilleurs…

« Le mardi matin, on reçoit la livraison de l’entrepôt situé à Rennes. Les bénévoles répartissent alors les denrées pour faciliter le parcours des bénéficiaires » explique madame Pisigot, coordinatrice du centre des Restos du Coeur à Antrain (Val Couesnon). À ses côtés, une vingtaine de paires de bras compose cette armée de l’ombre. « Petit centre, mais super équipe » s’extasie la coordinatrice en posant le regard sur cette fourmilière où chacun connaît son rôle sur le bout des doigts. Les premiers bénéficiaires arriveront dans moins de trois heures. Pour les accueillir dans de bonnes conditions, l’équipe a créé un cheminement qui évite les croisements au sein de ce local exigu. « Lors du premier confinement, c’était pire : on préparait les colis et on les distribuait sur le parking. Autant vous dire que ça limitait les échanges… »

Si le nombre de demandeurs stagne (un peu plus de cent personnes), elle déplore la fermeture pour cause sanitaire de certains lieux dédiés à des solutions d’insertion, d’accès aux droits, à la santé, aux vacances, à la culture… Car les Restos, ce n’est pas que de l’aide alimentaire ! Madame Pisigot égrène : « le vestiaire, où on pouvait venir chercher un vêtement, la cafétéria, pour siroter un café après avoir rempli son panier, la bibliothèque, l’atelier d’aide informatique… » Les bénévoles réfléchissent aux modalités de réouverture de ces espaces de sociabilité à l’occasion de leur installation prochaine dans le futur Pôle Social et Solidaire communautaire. Cet équipement situé en lieu et place de l’hôpital René le Hérissé à Antrain (Val Couesnon) ouvrira ses portes ces prochaines semaines. « Et il est très attendu » précise la coordinatrice.

Une com’com résiliente. La ludothèque itinérante À vous de jouer propose depuis novembre de prêter des jeux de son fonds aux habitants et usagers. Un dispositif qui cartonne, avec des familles qui manifestent un enthousiasme débordant. « À ce jour, 155 familles adhérentes soit 305 usagers ont expérimenté cette nouvelle offre. Actuellement, 402 jeux et jouets se trouvent au sein des foyers familiaux », souligne Séverine Arbib, ludothécaire communautaire. Pauline Garnier, nouvelle directrice adjointe du centre social de Couesnon Marches de Bretagne, y voit un enjeu d’avenir. « Ces joueurs représentent une porte d’entrée pour faire connaître le centre social aux habitants ».

Dès les premières lueurs de la pandémie, les équipes des services petite enfance et enfance de la com’com et de la SPL Services Familles Marches de Bretagne étaient à pied d’œuvre. Le but : offrir des modes de garde et d’animation aux enfants des personnels soignants. Des agents de l’ombre dont il convient, à l’instar des infirmier.es et des docteurs, de saluer le travail. Pendant ce temps, en coulisses, un travail de mise en place et de suivi des protocoles sanitaires était engagé. Depuis le retour des publics habituels, les consignes et routines sanitaires sont appliquées avec la même rigueur.

Côté projets, la Covid n’a pas freiné le développement des politiques sociales et culturelles. Les particuliers, les partenaires et les associations du territoire sont restés en contact depuis un an et se sont adaptés aux soubresauts de la Covid. Hormis quelques retards à déplorer, les équipements n’ont pas eu à pâtir de la crise. La livraison du Pôle Social et Solidaire communautaire et de l’Espace Social et Culturel Commun à Maen Roch aura lieu ces prochaines semaines (voir la page dédiée à ces équipements en construction). Quant au démarrage du chantier de la médiathèque à Bazouges-la-Pérouse, il débutera à l’automne.

Crédits photo : Dayne Topkin

« On livre partout » sourit Ophélie Hiron. La coordinatrice du réseau des bibliothèques de la com’com poursuit là aussi une formule expérimentée aux premières heures du confinement : le Prêt à emporter. Après réservation de ses documents sur le site internet des bibliothèques, l’usager sélectionne une médiathèque de livraison, puis il vient récupérer sa commande aux heures d’ouverture. Pratique, confortable (jusqu’à quinze documents réservables en même temps) et toujours gratuit ! « D’autre part, les médiathèques restent ouvertes au public avec des horaires d’ouverture adaptés » ajoute Ophélie. Retrouvez le Tuto détaillant l’utilisation du catalogue sur cette vidéo.

Le pôle culture et lecture publique a, du reste, développé des outils numériques pour rester en lien avec les habitants, en témoignent les multiples vidéos qui émaillent la playlist disponible depuis page Youtube de Couesnon Marches de Bretagne.

Fixation de plexiglass, respect des jauges, mise en place de gel hydroalcoolique, désinfection quotidienne : Couesnon Marches de Bretagne a adapté son organisation et ses locaux afin de recevoir les usagers dans les meilleures conditions d’hygiène possibles. Le travail à distance a été instauré à raison de deux jours par semaine pour les agents dont le métier pouvait s’exercer selon ces modalités. Des biais numériques permettent aujourd’hui un fonctionnement sans heurts de la communauté de communes, en assurant la tenue des réunions techniques, des groupes de travail ou des commissions, et donc l’avancée des dossiers. Le dernier magazine a ainsi été – partiellement – composé grâce aux nouvelles technologies.

Adaptabilité, caractère, assistance et bienveillance, telles sont les qualités mises à l’épreuve par la Covid-19. Autant de sources de possibles qui font les forces du territoire et de ses acteurs.

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Ce dossier est à retrouver dans le dernier magazine communautaire Le Mag’, feuilletable depuis la page Calaméo. Vous souhaitez donner votre avis sur Le Mag’? Rendez-vous sur la page dédiée afin d’aider agents et élus communautaires à l’améliorer ! Voir ci-dessous.

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